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Composition ethnique de Mayotte

Un grand saut dans le passé
Dimanche 13 Avril 2008 - 18:36:21| Modifié le Jeudi 3 Septembre 2009
Si l'on se livre à une comparaison sur les ethnies composant la population de Mayotte à partir de son annexion par la France, on ne peut qu'être surpris par leurs diversités et la variation quasirépétitive d'une ethnie à l'autre. Claude Allibert parle de
Crédit photo : E.T./Malango

Si l'on se livre à une comparaison sur les ethnies composant la population de Mayotte à partir de son annexion par la France, on ne peut qu'être surpris par leurs diversités et la variation quasi répétitive d'une ethnie à l'autre. Claude Allibert parle de « remodelage » de la population mahoraise à la suite des événements importants qui ont jalonné l'histoire de l'île :

  • Razzias malgaches suivi d'un dépeuplement massif (chasse aux esclaves - fin du XVIllè siecle) ;
  • Arrivée en masse de Sakalavas accompagnant Andriantsoly en 1825-1828 ;
  • Emigration de la population autochtone par suite de guerres engendrées par la rivalité entre le prince sakalava et le sultan Bwana Combo ;
  • Installation française en 1843 (arrivée de métropolitains et de colons) ;
  • Régression de la population par suite de l'effet de l'affranchissement des esclaves (ordonnance du 9 décembre 1846, promulguée le ler juillet 1847). Les esclaves libérés refusant de servir dans les plantations, maîtres et esclaves émigrent massivement ;
  • 1850155 : l'île se repeuple avec le recrutement d'engagés venant de l'extérieur pour la valorisation des terres consacrées à la culture de la canne à sucre.

Les chiffres des différents recensements

  • En 1841, selon le procureur Gevrey, qui puise ses chiffres dans les archives de l'administration française, la composition de la population de Mayotte était la suivante : 300 Arabes, 600 Sakalava, 400 Antalotes (Antalaotsi), 500 « Mahoris » et 1300 à 1500 esclaves africains et/ ou malgaches,
  • En 1843, Gevrey dénombre 700 Arabes, 600 Sakalava et 500 Mahorais. Le décompte des Arabes comprend les Antalaotsi qui sont des locuteurs malgaches mais dont il fait un peuple arabisé, sans doute parce qu'ils pratiquent l'Islam. Le nombre des esclaves est stationnaire.

Ce qui retient l'attention des différents historiens c'est le nombre élevé de la population dite Sakalava, plus importante que les Mahorais.

- En 1846, donc avant la libération des esclaves, un autre historien, Guillain fait le classement suivant : 104 Malgaches, 710 Sakalaves, 1439 « Mahori ou autochtones », 802 arabes ou « Antalaotes », auxquels s'ajoutent un grand nombre de Souahéli, Anjouanais, « Adzoudzou » (Grands Comoriens en langue malgache), Makua (843), Mozambiques (372) etc. Le total porte sur 5268 âmes dont 2733 sont esclaves.

Claude Allibert avoue toutefois qu'il est difficile d'interpréter ces chiffres compte tenu des appellations diverses dont on ne connaît pas bien la différence, et qui peuvent être la définition que chaque recensé donne de lui-même. En tout état de cause les Sakalava et Antalaotsi pourraient être ceux qui ont suivi Andriantsoly à Mayotte.

Par Mahori il faudrait entendre les descendants de populations très anciennes, par Malgaches les membres des ethnies non sakalava etc. Il n'est donc pas si aisé de débrouiller les cartes. On remarquera le terme malgache « Adzoudzou » pour désigner les Grands Comoriens, indice indéniable que la langue parlée à Mayotte par la majorité des habitants était le malgache.

En 1847, la synthèse des groupes ethniques de Mayotte, s'établit en gros comme suit :

  • Un tiers de la population venait de Madagascar depuis moins d'une génération,
  • un tiers était réellement autochtone,
  • un tiers était composé d'esclaves venus de la côte africaine.

Et il n'est pas inintéressant de relever le point de vue des spécialistes concernant cette population autochtone citée à plusieurs reprises dans les différents recensements. Ils supposent donc qu'elle serait : «le résultat de migrations diverses (africaines, malgaches, perso-arabes sous les formes « non métissées » bantoues et chiraziennes ou métissées swahilies) mises en place antérieurement, sans parler des migrations antérieures au XVème siècle ».


(24) A Mayotte les locuteurs malgaches disent parler le ki-bushi, tandis que les Mahorais de langue shimaore qualifient cette langue de shi-bushi. Le shi de la langue shi-maore équivaut au ki du ki-bushi.
(25) Pamandzi qualifié de village malgache dans « un Parisien à Madagascar » - Aventures et impressions de voyage Et. Grosclaude - Paris Librairie Hachette et Cie - 1898 (Coll. Personnelle de J. F. Hory).

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