La Maison du Patrimoine
Maison du patrimoine : au rythme de l’histoire
Créée
depuis 1999, La Maison du patrimoine inventorie inlassablement l'histoire et
les objets de Mayotte. En 2005, une nouvelle étape se franchit. La création
du Musée est dans tous les esprits, un chef de projet doit être
recruté dans cette perspective.

Autant le bâtiment des archives brille par sa discrétion, autant
celui de la Maison du patrimoine (la Mapat) rayonne de prestance. L'ancienne
préfecture de Dzaoudzi, la Résidence, accueille ce service rattaché
aux affaires culturelles du Conseil général. Une grande bâtisse
qui n'accueille pas une équipe très fournie : trois chercheurs
et un technicien, en plus de la direction. Et depuis 1999, date de la création
de ce service, le personnel recueille, inventorie et expose la culture mahoraise.
Malgré cette activité, beaucoup d'habitants de l'île se
demandent quelles sont les actions de la Mapat ?
"Premièrement, nous avons obtenu les moyens financiers pour
mener à bien nos missions seulement depuis avril 2004. Ensuite, les gens
veulent un Musée et croient que c'est facile. Nous voulons obtenir le
label Musée de France et il y. a un cahier des charges pour l'obtenir
Nous ne travaillons pas dans le court terme", insiste Ali Saïd
Attoumani, directeur de la Mapat. Les trois chercheurs suivent leur directeur,
notamment Mohamed M'trengoueni : "le travail d'inventaire est long.
Nous ne pouvons pas nous permettre une erreur autrement c'est un pan d'histoire
de Mayotte qui serafaussé
"Notre culture est habituée à ces changements culturels"
Ainsi, la Maison du patrimoine travaille en partenariat avec les artisans et
les artistes de l'île. Une collection d’objets culturels est rangée
dans les magasins, prête à servir. "Depuis trente ans, la
culture mahoraise a beaucoup perdu. Mon travail consiste à sauver le
peu qui existe encore", confie Madi Haladi, ethnologue. Ce dernier se rend
sur le terrain, réalise des enquêtes afin de trouver "la personne
qui sait" . Toutes ses connaissances n'ont qu'un but, apprendre aux jeunes
leur société d'antan, leur donner des repères. "Je
ne dirais pas que noire identité est attaquée. Mayotte depuis
toujours vit au fil du temps. Les changements sociaux les repères culturels
nouveaux correspondent à la culture mahoraise. Depuis toujours, notre
culture est habituée à ces changements culturels. Nous sommes
issus de ces changements", indique, enthousiaste, l'archéologue.
Ah Saïd Attoumani confirme, sourire en coin : "Ce que nous connaissons
de l'histoire, nous permet de penser que les mouvements et les confrontations
culturelles sont moins nombreuses maintenant qu'entre le 12ème et le
18ème siècle" .
Toutes ces informations sont diffusés dans différentes expositions.
Un travail en partenariat avec le vice-rectorat existe. Il est même fondamental
pour les hommes de Dzaoudzi. L'exemple de la réhabilitation de la Vigie
démontre que le patrimoine a un rôle à jouer dans la société
contemporaine. Le site de surveillance de l'armée qui date des années
30 a été refait à neuf par des jeunes en formation grâce
à un chantier-école. Dorénavant, cette structure intègre
un e zone de ballade dans les hauteurs de Petite Terre.
Le Musée, un outil indispensable
Comprendre et expliquer, deux leitmotiv qui apparaissent comme urgents dans
un contexte économique et social qui évolue rapidement. Dans cette
volonté de promouvoir, de diffuser le patrimoine, le Musée devient
l'outil indispensable.
Le recrutement d'un chargé de mission qui s'occupera que de ce projet
est lancé. La Réunion devrait jouer un rôle. En attendant,
la Mapat essaie de faire prendre conscience aux gens de l'importance de l'histoire
et de la conservation du patrimoine.
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| Bagamoyo, la nécropole de Mayotte s'étend
sur 2 km de long et 50 m de large. Une tombe a été daté
du IXéme siècle. Certaines contiennent encore des ossements
humains. |
Sur la centaine de sites référencés, beaucoup se situent
sur des parcelles privés. Le Code du patrimoine arrivé sur l'île
en février 2004 est un atout indéniable pour ce service "mais
son application nécessite des décrets et arrêtés
qui mettent du temps à s'écrire", d'après le
directeur du service concerné. En attendant, le gardien du patrimoine
donne des avis, essaie d'éviter une installation de télécommunications
sur un site à Koungou, protège le site- de Dembéni la plus
vieille preuve de vie humaine à Mayotte - de la route.
" Nous devons conserver le patrimoine et aussi l'étudier: Mais
toutes les fouilles archéologiques détruisent les sites. En plus,
trop communiquer sur certains lieux attire des amateurs qui détruisent
le savoir en prenant des objets. Ces gens ne ramènent chez eux que leur
propre ignorance", tance Mohamed M'trengouéni.
Des agissements côndamnables, parfois dus au manque d'encadrement de ce
patrimoine. Si la population sent que ces objets ou ces sites ne sont pas abandonnés,
elle hésitera à se servir. Ainsi, les trois missions de la Maison
du patrimoine : inventorier, -sauvegarder, promouvoir, pourront se réaliser
pleinement avec le futur Musée, le développement du centre de
recherches avec des publication attenantes et une collaboration, de tous les
instants, avec les archives départementales.
Dossier réalisé par Gérôme
Guitteau
(Mayotte Hebdo)
1977, les archives en Grande Comore datant de l'époque
préfectorale de Moroni (1958-1975), capitale de la grande île sont
brûlées du fait d'un acte "isolé". 100 ans, c'est
le délai durant lequel l'état civil ne peut pas être rendu
public.
250 Français sont enterrés dans les deux cimetières chrétiens
de Pamandzi et Mamoudzou.
1978 découverte du site de Dembéni lors de
la construction de la route Mamoudzou-Sada.
Fin des fouilles en 1999. 2085 objets découverts, la culture Dembéni
est établie. L'Inalco, Institut national des langues et civilisations
orientales a mené les fouilles de 1978 à 1999. Claude Allibert
dirige le centre d'études dédié à l'océan
Indien.
Numéro de téléphone
Services des archives 61.15.46
Maison du patrimoine 64.97.00.
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