Le cyclone Kamisy en 1984 et les dégâts qu'il
avait engendré (135 millions de francs, équivalents au budget
annuel de la Collectivité) est encore dans toutes les mémoires...
Toutes les mémoires? Certainement pas de celle des responsables de
l'Ile : aucune mesure sérieuse n'existe en cas de cyclone. Même
la plus élémentaire qui consiterait à connaître
et surtout, à faire connaître à la population, un endroit
"sûr" dans chaque village où la population pourrait
se réfugier en cas de cyclone. En effet, tout le monde s'accorde à
dire qu'aucune des habitations, aucune des constructions ne serait capable
de résister efficacement aux vents accompagnant un cyclone, sauf peut-être
les plus récentes et les bâtiments militaires (gendarmeries comprises).
La tempête tropicale Ernest qui a touché l'île en janvier
2005 et le sort réservé au Tribunal de Mamoudzou dont le toit
s'est envolé comme une feuille d'arbre en est une parfaire illustration.
Il paraît absolument incroyable qu'alors que tout le
monde sait qu'un véritable cyclone sur Mayotte ne laisserait que des
ruines (et combien de morts?) on n'ait pas pris la plus élémentaire
des mesures, à savoir la construction dans chaque village d'un bâtiment
capable de résister à un cyclone (une salle de sport, une école,
un foyer culturel...) ne serait-ce qu'en vertu du principe de précauton
dont on nous rebat les oreilles à longueur d'année en appliquant
à Mayotte des textes et réglementations qui ignorent totalement
les réalités du terrain mais qui ont été décidées
par Bruxelles et doivent donc, à ce titre, être appliquées
à Mayotte...
Mise à part une affiche rééditée
chaque année à l'identique et rappelant les mesures à
prendre par la population en cas de cyclone (une des plus incongrues étant
d'écouter les informations diffusées par la radio alors que
la situation géographique de certains villages ne permet pas de la
capter... d'ailleurs, est-ce que les locaux de RFO résisteraient eux-mêmes?),
il n'existe aucun plan connu par la population pour se protéger. Une
fois de plus, comme dans le domaine de l'environnement, on reporte la responsabilité
sur les habitants, mais les pouvoirs publics sont dans l'incapacité
d'assurer la première de leurs obligations : la protection des personnes
et des biens...