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Les jeunes intéressés auront 10 mois de formation
rémunérée dans le circuit made in GSMA, c'est-à-dire une
formation militaire, citoyenne, scolaire et professionnelle afin de
contribuer à leur insertion « en leur inculquant quelques
repères utiles à leur évolution dans le milieu professionnel et
plus largement dans la société » rappelle le lieutenant
colonel Philippe Rech, chef de corps du GSMA, en partance dans un
mois.
Ensuite, c’est au lycée agricole de Coconi que
les jeunes pourront préparer en 2 ans un CAP agricole en alternance,
donc rémunéré, avec un débouché direct sur l’emploi. En effet,
actuellement une dizaine d’agriculteurs, maîtres d’apprentissage,
sont prêts à employer des apprentis et à les garder au terme des 2
années s’ils font l’affaire. Le dernier forum de la formation en
alternance a mis en évidence les problèmes d’assiduité de ces
jeunes qui dépend entièrement de leur motivation.
« Il faut bien comprendre que le métier
d’agriculteur à Mayotte évolue » développe Philippe
Rech, « la mécanisation est en marche et l’agriculteur
n’est plus toujours l’homme courbé en deux sur sa terre. Les
exploitations de 4 ou 5 hectares sont nombreuses à Mayotte, bien que
non visibles depuis la route et l’agriculteur est aussi un
gestionnaire, un commercial. Il a aussi la possibilité de coupler
une chambre d’hôte avec son exploitation ». Certains ont
pignon sur rue comme les « vergers de Mayotte »
dont la diversité des produits n’est plus à vanter.
Le problème récurrent pour les jeunes qui veulent
s’installer est de trouver des terres. « Nous avons
pratiquement terminé le zonage des terres agricoles, un des points
du Schéma Départemental d’Aménagement Agricole et Rural lancé
avec la Préfecture et le Conseil général le 23 avril 2010
» nous répondait Patrick Poyet, directeur de la Direction de
l’Agriculture et de la Forêt (DAF), « après
identification des terres disponibles, nous allons voir comment nous
pourrons en faciliter l’accès aux jeunes agriculteurs ».
D’autant qu’à Mayotte les débouchés sont
nombreux : scolaires à la croissance exponentielle, hôpital,
commerce etc. Un label est d’ailleurs en cours d’élaboration par
la DAF : « ce sera une marque de produits locaux qui
respectent un certain cahier des charges (traçabilité, qualité
etc.). Tous ne seront pas élus ».
Du côté des pouvoirs publics, et lors de la grève
commune d’hier, après avoir été reçus par
François Mengin-Lecreulx, Secrétaire Général pour les Affaires
économiques et régionales , et par Patrick Poyet, puis par le
président du Conseil général, les agriculteurs de la FDSEA
(Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants
Agricoles) disent avoir reçu des soutiens de la part de
l’administration sur de nombreux points tels que la coopération
des banques, le renforcement de la filière Ylang, la prise en compte
des intérêts agricoles dans le prochain schéma directeur
d’aménagement.
A.L. |