Mammographie remboursée : à 100 %, à 70 % ou avec mutuelle, ce qui s’applique à vous

Patiente passant une mammographie sur un mammographe, examen de dépistage remboursé à 100 % entre 50 et 74 ans

Oui, une mammographie remboursée à 100 % existe bien en France : c’est le cas dans le dépistage organisé du cancer du sein, proposé tous les 2 ans aux femmes de 50 à 74 ans qui n’ont ni symptôme ni facteur de risque particulier. Avec le courrier d’invitation et la carte Vitale, l’examen se fait chez un radiologue agréé, sans avance de frais. En dehors de ce programme, l’Assurance Maladie rembourse l’acte à 70 % de sa base, sur prescription, et la complémentaire santé peut prendre le relais. Voici chaque situation, chiffres à l’appui, examens complémentaires compris.

  • De 50 à 74 ans, sans risque particulier : mammographie de dépistage et examen clinique pris en charge à 100 %, tous les 2 ans, sans avance de frais.
  • Sur ordonnance (symptôme, suivi) : remboursement à 70 % de la base de la Sécurité sociale, le reste relevant de la mutuelle.
  • Hors parcours de soins coordonnés : le taux de remboursement peut être nettement réduit.
  • Échographie, IRM, biopsie : remboursées aux conditions habituelles, même dans le cadre du dépistage organisé.

Mammographie remboursée à 100 % : qui entre dans le programme national

Le dépistage organisé s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans, âge où le risque de cancer du sein est le plus marqué. Le chiffre de référence parle de lui-même : une femme sur huit développera ce cancer au cours de sa vie, et lorsqu’il est détecté tôt, il guérit dans 9 cas sur 10. En 2019, ce programme a permis de dépister 16 202 cancers du sein, et l’Institut national du cancer estime à environ 2,5 millions le nombre de participantes chaque année.

Pour bénéficier de la gratuité, trois conditions doivent être réunies :

  • avoir entre 50 et 74 ans ;
  • ne présenter aucun symptôme (boule, écoulement, rétractation du mamelon, modification de la peau) ;
  • ne pas relever d’un niveau de risque élevé ou très élevé, qui impose une surveillance spécifique.

La prise en charge couvre la mammographie bilatérale (clichés de face et obliques des deux seins) et l’examen clinique réalisé par le radiologue. Le programme ajoute une garantie que le dépistage individuel n’offre pas : une seconde lecture systématique des clichés jugés normaux par un autre radiologue spécialement formé. Selon l’Assurance Maladie, cette double lecture permet de repérer environ 6 % des cancers dépistés. Les mammographes utilisés sont eux aussi contrôlés tous les 6 mois. Participer reste un choix personnel, mais il s’agit du cadre le plus protecteur, à la fois médicalement et financièrement.

À Mayotte, l’assurance maladie relève de la Caisse de sécurité sociale de Mayotte (CSSM). Le principe du dépistage organisé y est le même, mais l’envoi des courriers et la liste des cabinets agréés sont à vérifier auprès de la caisse ou du centre régional de coordination des dépistages.

Tableau des cas de remboursement d’une mammographie selon votre profil

La confusion vient souvent du fait que la même radiographie des seins peut être facturée de façon très différente selon son motif. Ce tableau résume les situations les plus courantes.

Situation Conditions Part de l’Assurance Maladie Ce qui peut rester à payer
Dépistage organisé 50 à 74 ans, sans symptôme ni risque particulier, invitation, radiologue agréé 100 % du tarif conventionnel, sans avance de frais Rien sur l’acte de dépistage ; examens complémentaires aux conditions habituelles
Mammographie diagnostique sur prescription Symptôme, anomalie, suivi, dans le parcours de soins coordonnés 70 % de la BRSS Ticket modérateur, participation forfaitaire, dépassements éventuels
Examen hors parcours de soins Sans orientation par le médecin traitant, hors accès direct autorisé Taux minoré (30 % évoqué par plusieurs mutuelles) Une part bien plus importante, la mutuelle couvrant rarement la pénalité
Risque élevé ou très élevé Antécédents personnels ou familiaux, prédisposition génétique Selon le protocole de surveillance prescrit Variable : se renseigner auprès de sa caisse
Affection longue durée liée au cancer du sein ALD reconnue, examens en lien avec la maladie 100 % de la BRSS Dépassements d’honoraires et participation forfaitaire

Pour un panorama complémentaire des tarifs et des garanties, notre dossier Remboursement mammographie détaille les coûts observés et le rôle des contrats santé.

Mammographie remboursée sur prescription : le calcul à 70 % décrypté

Hors dépistage organisé, la mammographie est un acte d’imagerie classique. L’Assurance Maladie applique son taux de 70 % à la base de remboursement de la Sécurité sociale, la BRSS, c’est-à-dire le tarif conventionnel fixé pour l’acte. La différence entre cette base et le remboursement s’appelle le ticket modérateur : c’est précisément la part que la mutuelle est censée couvrir.

L’ordonnance joue un rôle décisif. Une prescription du médecin traitant, d’un gynécologue ou d’une sage-femme inscrit l’examen dans le parcours de soins coordonnés et garantit le taux normal. Les gynécologues font partie des spécialistes en accès direct, ce qui évite la pénalité. À l’inverse, un examen réalisé sans orientation, en dehors de ces cas, peut voir son remboursement fortement diminué.

Exemple chiffré de reste à charge sans complémentaire santé

Prenons la base souvent citée en 2026 pour une mammographie bilatérale : 66,42 €. Ce montant est indicatif, les tarifs de la nomenclature pouvant évoluer ; il est prudent de le vérifier sur le décompte ou auprès du cabinet.

  • Remboursement de l’Assurance Maladie à 70 % : 46,49 €.
  • Ticket modérateur : 19,93 €.
  • Participation forfaitaire déduite du remboursement : 2 € par acte au moment de la rédaction, sauf exonération.
  • Reste à charge sans mutuelle chez un radiologue de secteur 1 : environ 21,93 €.

Cette estimation suppose un cabinet qui respecte le tarif conventionnel. Elle augmente dès qu’un dépassement d’honoraires est appliqué.

Secteur 1, secteur 2 et dépassements du radiologue

Un radiologue conventionné en secteur 1 facture au tarif de la Sécurité sociale. En secteur 2, il peut pratiquer des honoraires libres, avec « tact et mesure ». Si ce praticien ajoute 30 € de dépassement, une patiente sans complémentaire paiera alors près de 52 € de sa poche dans notre exemple. Demander le montant total au moment de la prise de rendez-vous évite les mauvaises surprises. Dans le dépistage organisé, en revanche, les radiologues agréés s’engagent à appliquer le tarif prévu pour l’acte de dépistage.

Mammographie de dépistage ou diagnostique : un motif qui change la facture

La mammographie de dépistage s’adresse à une femme qui va bien, dans le but de repérer une lésion avant qu’elle ne se manifeste. La mammographie diagnostique, elle, répond à un signe d’alerte ou à une anomalie déjà repérée : douleur localisée persistante, nodule palpé, écoulement, modification de l’aréole. Dans ce second cas, l’examen sort du programme organisé, même si la patiente a entre 50 et 74 ans, et il est remboursé sur ordonnance aux conditions habituelles.

Un symptôme entre deux invitations ne doit jamais attendre le prochain courrier. Le bon réflexe consiste à consulter son médecin, qui prescrira l’examen adapté. Le rythme de 2 ans ne protège pas contre un cancer d’intervalle, d’où l’intérêt de rester attentive à ses seins tout au long de l’année.

Femmes à risque élevé, antécédents familiaux ou prédisposition génétique

Certaines femmes ne relèvent pas du dépistage organisé standard parce que leur risque est supérieur à la moyenne. Il peut s’agir d’un antécédent personnel de cancer du sein, d’antécédents familiaux marqués, d’une irradiation thoracique ancienne ou d’une prédisposition génétique identifiée, par exemple une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2.

Dans ces situations, le médecin met en place une surveillance spécifique, qui peut commencer avant 50 ans et associer mammographie, échographie mammaire et IRM à un rythme plus soutenu. Ces examens sont prescrits, donc remboursés selon les règles de l’Assurance Maladie, avec parfois une prise en charge renforcée selon le parcours suivi ou la reconnaissance d’une ALD. Les modalités variant d’un cas à l’autre, mieux vaut faire le point avec son médecin et sa caisse avant d’engager les examens. Une consultation d’oncogénétique peut aussi être proposée lorsque l’histoire familiale le justifie.

Avant 50 ans, après 74 ans, grossesse : les cas particuliers du remboursement

Avant 50 ans, aucun dépistage systématique n’est recommandé pour une femme sans risque particulier. Une mammographie n’est donc remboursée que si un professionnel de santé la prescrit, en cas de symptôme ou de risque identifié, à 70 % de la BRSS.

Après 74 ans, les invitations s’arrêtent. La poursuite d’une surveillance n’est pas automatique : elle se décide avec le médecin, en tenant compte de l’état de santé général, des antécédents et des souhaits de la patiente. Si un examen est jugé utile, il est prescrit et remboursé aux conditions habituelles.

En cas de grossesse ou de suspicion de grossesse, il faut toujours le signaler au cabinet de radiologie. La mammographie de dépistage est en principe différée et, face à un symptôme, l’échographie mammaire est souvent privilégiée en première intention. La décision reste médicale et se prend au cas par cas, l’allaitement pouvant lui aussi modifier la lecture des images.

Échographie mammaire, IRM, biopsie : prise en charge des examens complémentaires

C’est le point que beaucoup découvrent le jour du rendez-vous : la gratuité du dépistage organisé porte sur la mammographie et l’examen clinique, pas sur les examens qui peuvent suivre. Si le radiologue réalise une échographie dans la foulée, notamment chez une femme aux seins denses dont les images sont plus difficiles à interpréter, celle-ci est facturée à part et remboursée à 70 %.

La densité mammaire mérite d’ailleurs une explication. Un sein dense contient davantage de tissu glandulaire, qui apparaît blanc à la radiographie, tout comme certaines lésions. La sensibilité de la mammographie y est plus faible, ce qui justifie parfois un complément échographique. Cela ne signifie pas qu’il existe un problème, simplement que l’image demande à être complétée.

L’IRM et la biopsie suivent la même logique : elles sont prescrites lorsqu’une anomalie doit être caractérisée, puis remboursées aux conditions habituelles. Si un cancer est confirmé, la reconnaissance en ALD permet ensuite une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, sur la base des tarifs conventionnels.

Du courrier d’invitation au compte rendu : le parcours sans avance de frais

Le circuit est pensé pour que la patiente n’ait rien à débourser sur l’acte de dépistage. Les étapes se déroulent généralement ainsi :

  1. Réception de l’invitation par courrier, accompagnée d’un bon de prise en charge et de la liste des radiologues agréés du département. Elle reste également consultable pendant 6 mois dans le compte ameli.
  2. Prise de rendez-vous chez le radiologue agréé de son choix, en signalant qu’il s’agit du dépistage organisé.
  3. Le jour de l’examen, présenter l’invitation, le bon et la carte Vitale, et apporter ses anciens clichés s’ils existent. La mammographie elle-même dure une vingtaine de minutes.
  4. Première lecture par le radiologue, qui communique un premier avis et réalise si besoin des examens complémentaires.
  5. Seconde lecture des clichés normaux par un autre radiologue, puis envoi du résultat définitif, généralement sous deux semaines environ, à la patiente et au médecin indiqué.

Sans réponse de votre part, une relance est adressée 6 mois après l’invitation, puis une seconde 6 mois plus tard. Si le courrier n’est jamais arrivé ou si le bon a disparu, le centre régional de coordination des dépistages ou l’Assurance Maladie (36 46 en métropole) peut rééditer les documents. Pensez aussi à vérifier que votre adresse est à jour auprès de votre caisse.

Le dépistage du cancer du sein s’intègre souvent dans une démarche de prévention plus large. Pour repérer les dispositifs gratuits accessibles depuis l’île, consultez notre article Où faire un bilan de santé complet gratuit. Les personnes de passage en métropole peuvent aussi lire notre présentation Le CIEM, centre de bilan de santé à Paris, avec ses bilans proposés et ses modalités d’accès.

Rôle de la complémentaire santé dans une mammographie remboursée

Les garanties d’une mutuelle s’expriment le plus souvent en pourcentage de la BRSS, et ce pourcentage inclut la part de l’Assurance Maladie. Une garantie à 100 % de la BRSS couvre donc uniquement le ticket modérateur, soit 19,93 € dans notre exemple, sans rien ajouter pour un dépassement. À 200 %, le total remboursé peut atteindre 132,84 €, ce qui laisse jusqu’à 66,42 € pour absorber d’éventuels honoraires libres. Certaines formules montent à 300 %.

Deux limites sont à garder en tête. La participation forfaitaire n’est pas remboursée par les contrats dits responsables, qui représentent l’immense majorité du marché. Et ces mêmes contrats plafonnent la prise en charge des dépassements pratiqués par les médecins non adhérents aux dispositifs de maîtrise tarifaire. Pour savoir ce que vous toucherez réellement, le plus simple est de demander un devis au cabinet, puis de le comparer à votre tableau de garanties ou de le soumettre à votre complémentaire. Les personnes aux revenus modestes peuvent par ailleurs vérifier leur éligibilité à la Complémentaire santé solidaire, qui couvre le ticket modérateur sans dépassement facturé.

La mammographie est-elle gratuite pour toutes les femmes de 50 à 74 ans ?

Elle l’est pour celles qui participent au dépistage organisé, sans symptôme ni risque particulier, chez un radiologue agréé et avec leur invitation. Une femme du même âge qui consulte pour un symptôme passe une mammographie diagnostique, remboursée à 70 % sur prescription.

Le dépistage organisé exige-t-il une ordonnance du médecin ?

Non. Le courrier d’invitation et le bon de prise en charge remplacent la prescription. L’ordonnance redevient nécessaire hors programme, pour être remboursée dans le cadre du parcours de soins coordonnés.

Quel montant la Sécurité sociale verse-t-elle pour une mammographie bilatérale ?

Sur une base indicative de 66,42 €, l’Assurance Maladie rembourse 70 %, soit 46,49 €, dont est ensuite retirée la participation forfaitaire. Les montants exacts figurent sur votre décompte ameli et peuvent évoluer avec la nomenclature.

Peut-on être remboursée d’une mammographie quand on n’a pas de complémentaire santé ?

Oui, la part de l’Assurance Maladie est versée normalement. Sans mutuelle, il faut simplement assumer le ticket modérateur, la participation forfaitaire et les éventuels dépassements. Dans le dépistage organisé, l’absence de complémentaire ne change rien : l’acte reste pris en charge à 100 %.

Des seins denses donnent-ils droit à des examens supplémentaires remboursés ?

Le radiologue peut compléter la mammographie par une échographie mammaire si la densité gêne la lecture. Cette échographie est remboursée aux conditions habituelles, y compris lorsqu’elle suit un dépistage organisé gratuit.

Que faire si le bon de prise en charge a expiré ou s’est égaré ?

Contactez le centre régional de coordination des dépistages ou votre caisse d’assurance maladie, qui peut rééditer le bon. L’invitation reste aussi téléchargeable quelques mois dans le compte ameli. À Mayotte, la CSSM est l’interlocuteur à privilégier.